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Devenir navigateur aérien: le chemin pour assumer un métier de grande responsabilité

Métiers

Devenir navigateur aérien: le chemin pour assumer un métier de grande responsabilité

Depuis longtemps, les navigateurs aériens étaient sollicités pour les longs voyages, surtout pendant les grandes guerres, jusqu'à la fin desquelles ils avaient la fonction de capitaine de navire au long cours, sinon d’officiers de marine. Ces capitaines et officiers étaient très recherchés lors des recrutements à cause de leur expérience et de par leur fonction même. Mais de nos jours, avec l'évolution de la technologie et l'arrivée du navigateur automatique dont les boeings effectuant les vols long courrier sont dotés systématiquement, depuis le milieu des années 70, ils ne sont plus aussi sollicités, et cette innovation tend même à supprimer leur emploi. Maintenant, la sécurité et la régulation des mouvements des avions sur les aéroports sont assurées par l'ingénieur de contrôle de la navigation aérienne. Il remplace, en quelque sorte, l'ancien navigateur aérien, même si leurs rôles diffèrent de loin l'un de l'autre.

Par définition, le navigateur aérien est en général celui qui est chargé de relever le chemin parcouru et de déterminer l'itinéraire à suivre et il assure une bonne orientation. Il est aujourd’hui appelé ingénieur du contrôle de la navigation aérienne, contrôleur en route, contrôleur d'aérodrome ou contrôleur d'approche. Mais il peut aussi être un radariste navigateur aérien, ou s'il est dans l'armée, il est appelé "officier navigateur aérien".

Comment devenir navigateur aérien ?

Auparavant, le Brevet Elémentaire de Navigateur est le premier diplôme requis. Il permet la navigation à l'estime et donne l'accès à la navigation radio. Le Brevet de Navigateur a été créé après 1945, c'est-à-dire après la fin de la seconde guerre mondiale et a été considéré comme un passeport pour accéder aux vols long courrier de l'époque. Sa possession constitue également une promotion dans la carrière du navigant, améliorant ses conditions. Le Brevet Supérieur de Navigateur était destiné à l'aéronautique civile et c'était l'équivalent du Brevet de Capitaine aux longs cours. C'était un diplôme de très haut niveau dans le temps car il était le seul à autoriser certains parcours utilisant la navigation astronomique pour évoluer dans l'itinéraire.

Mais les donnes ont changé depuis l'arrivée du navigateur automatique. Les navigateurs aériens sont maintenant les contrôleurs de la navigation aérienne. Pour pouvoir exercer ce métier, la règle est de passer un concours à l'ENAC ou l'Ecole Nationale de l'Aviation Civile de Toulouse. L'âge maximal autorisé à l'inscription au concours est de 26 ans, et le candidat doit avoir un niveau universitaire de deuxième année, un DEUG, un DEUST, un DUT, ou un BTS d'un département technique ou scientifique. Après trois années d'études à l'ENAC, l'étudiant obtient son diplôme de fin d'études et le titre d'ICNA ou Ingénieur du Contrôle de la Navigation Aérienne. Les études incluent une formation rémunérée et l'embauche est assurée par la Direction Générale de l'Aviation Civile. Les spécialisations sont possibles et nombreuses après l'obtention du titre d'ICNA. Alors, celui qui possède d'office un statut de fonctionnaire, exercera en général dans un centre de contrôle, qu'on appelle "tour de contrôle". Il en existe soixante en France : à l'aéroport d'Orly, à celui de Roissy Charles-de-Gaulle, à Reims, à Athis-Mons, à Brest, à Aix-en-Provence, à Bordeaux et dans les 53 aérodromes métropolitains.

Le travail du navigateur aérien

Quand il n'y avait pas encore le navigateur automatique à bord des appareils volants, le navigateur aérien était chargé de tracer sur des cartes une ligne directe servant d'itinéraire entre le point de départ et la destination de l'appareil. Plusieurs moyens et matériels étaient utilisés, tels que le dérivomètre, le cinédérivomètre, le sextant qui peut être de trois variétés : sextant marin en cas de vol à basse altitude, le sextant à bulle qui est le plus classique, et le sextant périscopique pour les vols polaires. Le dérive radio-altimétrique, le système radio goniométrique nécessitant l'assistance du radio-navigant, le loran, le consol, le doppler, l'oméga, bref, tout un matériel lourd, étaient également indispensables. Depuis quelques années, l'INERTIE, qui est le système de navigation automatique en question, permet de se passer de la spécialité de navigateur. L'ICNA a pour responsabilité de coordonner les mouvements des avions sur les aéroports, il s'occupe ainsi de la sécurité de ces mouvements. C'est presque le synonyme de coordonnateur du trafic aérien, il doit être en liaison permanente par un système de radio avec les pilotes et rester en contact avec les autres tours de contrôle existant sur le territoire d'activité, ainsi qu'avec les différents centres de contrôle des destinations des vols en cours.

L'ICNA doit ainsi posséder des qualités comme la capacité de concentration élevée et de vigilance, un esprit de discernement et de lucidité, un esprit d'initiative, la maîtrise de soi et il doit être responsable. Il n'est pas seul dans ses interventions, donc il doit être apte à travailler en équipe. Le contrôle est assuré en permanence, sans interruption, exigeant donc des rotations entre les différents agents contrôleurs. Il a la responsabilité de communiquer l'état du trafic aérien sur son encombrement, l'état des pistes, la météo, etc. et au besoin de guider les pilotes en cas de difficulté, pour qu'ils restent dans un espace contrôlé. Son rôle est également de signaler toute anomalie et les incidents de vol. Avoir un bon réflexe est une attitude capitale dans le métier et il faut entretenir une bonne condition physique, en plus, l'anglais courant est obligatoire. Le radariste navigateur aérien, lui, fait partie du personnel volant s'il est dans l'aéronautique navale et assiste le pilote dans le maintien de la sécurité, il est le responsable des instruments et du matériel technique à bord. Il est formé à l'école de Maistrance, au centre d'instruction naval de Brest. S'il est officier navigateur aérien, il coordonne les actions et les mouvements ainsi que les itinéraires des différentes interventions militaires aériennes, dans n'importe quel programme ou objectif : humanitaire, de guerre, de sauvetage, de protection nationale, de contrôle, de recherche, etc.