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Devenir médecin légiste : un métier aux multiples facettes

Métiers de la santé

Devenir médecin légiste : un métier aux multiples facettes

La médecine légale est l'une des différentes spécialités médicales existantes. Elle a pour mission principale de donner un avis sur les éléments médicaux susceptibles d’aider les autorités judiciaires dans leurs enquêtes. Le médecin légiste est un auxiliaire de la justice et il est par conséquent appelé à intervenir dès qu’une autorité judiciaire (juge d’instruction, Parquet, magistrats de siège) le demande, que ce soit dans le cadre d’une enquête ou d’une expertise. A l’issue de ses investigations, il est alors appelé à témoigner devant les tribunaux. Le médecin légiste est également l’interlocuteur privilégié des compagnies d’assurance et de la Sécurité sociale notamment pour effectuer l’expertise d’un dommage.

Le médecin légiste n’est pas seulement celui qui examine les cadavres, même si le tiers de son temps est consacré aux autopsies. En effet, il peut intervenir en cas de blessure volontaire ou de viol, par exemple. Après l’instauration d’une nouvelle spécialité qu’est la médecine en milieu pénitentiaire, la médecine légale fait également partie de la médecine curative.

Le métier de médecin légiste

Le médecin légiste intervient chaque fois qu’un décès est déclaré et que les circonstances de la mort semblent suspectes ou tout simplement en cas de mort inexpliquée. Il procède alors à l’autopsie du défunt pour déterminer les causes, les circonstances et le moment de la mort. Lorsqu’un crime est commis, l’étude des preuves matérielles revient au médecin légiste dont par exemple l’identification des empreintes, l’examen des taches de sang et/ou de sperme, l’examen des vêtements, etc. Pour déterminer la cause du décès, il peut tout aussi bien examiner la victime sur le lieu même du crime (levée de corps) ou pratiquer une autopsie médico-légale à la morgue. Toutefois, ne pas confondre cette autopsie avec l’autopsie médicale, effectuée dans un hôpital à l’initiative des médecins traitants du défunt, suite à une mort naturelle mais dont on voudrait connaître les causes.

Comme nous l’avons dit auparavant, contrairement à une idée répandue, les attributions du médecin légiste ne se limitent pas aux autopsies. En effet, il intervient également en cas d’accident ou d’agression. Dans ce cas, il a pour mission d’examiner la victime, d’estimer le dommage éprouvé (victimologie) et d’imputer ou non ce dommage au traumatisme invoqué avant d’évaluer les séquelles éventuelles. Il évalue également l’importance du préjudice subi permettant ainsi aux juges de déterminer les peines encourues par le coupable et de décider du montant de dommages-intérêts. En cas d’agressions sexuelles (abus sexuel, viol, etc.), le médecin légiste est appelé à se prononcer sur la véracité des faits. Pour mener à bien sa mission, le médecin légiste est autorisé à faire appel à d’autres spécialistes comme les toxicologues, les pharmacologues ou encore les experts en balistique.

Comment devenir médecin légiste ?

Pour devenir médecin légiste, il faut compter 10 années d’études au minimum. Tout d’abord, il faut réussir le concours d’entrée à l’Ecole de médecine, suivi de six années d’études dont deux en premier cycle et quatre en second cycle. Au terme de la première année d’études, les étudiants devront passer un concours qui ne sélectionnera que les meilleurs car le nombre de places en deuxième année est fortement limité. De la deuxième à la sixième année, les étudiants en médecine générale devront passer des examens à chaque fin d’année.

A la fin du second cycle, l’examen national de classement remplace désormais l’ancien concours pour l’accession à l’internat. L’étudiant pourra alors choisir sa spécialité en fonction de son rang. En médecine légale, il n’existe pas moins de 12 spécialités dont entre autres, l’anatomopathologie médico-légale, la thanatologie, la réparation du préjudice corporel et la médecine en milieu pénitentiaire (spécialité récente). Quatre années supplémentaires sont requises pour préparer le diplôme d’études spécialisées complémentaires (DESC) en médecine légale. A l’issue de ces 4 années, après validation de tous les stages qu’il a effectués, l’interne devra soutenir une thèse. Il recevra alors son Diplôme d’Etat de Docteur en médecine avec mention de sa spécialité.

Hormis le cursus universitaire, pour devenir médecin légiste, le candidat doit faire preuve d’une forte résistance physique et psychique. En effet, il peut être amené à pratiquer des autopsies sur des cadavres enterrés depuis des semaines voire des mois, sur des cadavres défigurés, etc. De plus, bien qu’il n’ait pas la même formation qu’un détective, un médecin légiste doit faire preuve d’une forte capacité de déduction, de logique, de raisonnement et surtout d’observation. Enfin, comme tous les médecins de profession, le médecin légiste doit avoir le sens de la discrétion, qu’il s’agisse de ses patients vivants ou morts.

Thomas

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