
Il convient d'abord de savoir que l'âge légal du départ obligatoire en retraite est de 65 ans. Une loi générale de 2003 connue sous le nom de la réforme Fillon établit que le droit à l'obtention d'une pension de retraite à taux plein pour un salarié est acquis si ce dernier est âgé entre 60 et 65 ans, et ce si le cumul de ses années d'activité, donc de cotisation, qui est compté en nombre de trimestres, couvre un seuil minimal requis. Le nombre requis de trimestres de cotisation est en effet fonction de l'année de naissance du travailleur. Textuellement, selon l'article R351-45 du code de la Sécurité sociale, 150 trimestres sont indispensables pour un salarié né avant 1934, 151 pour 1934, et ainsi de suite jusqu'à 159 trimestres pour l'année 1942, et enfin 160 trimestres à partir de 1943. A titre indicatif, une personne âgée entre 60 et 65 ans partant en retraite cette année 2008, donc naissant bien à partir de 1943, aurait cotisé depuis 40 ans, c'est-à-dire depuis les événements de Mai 1968, pour jouir d'une pension de retraite pleine! Notons de plus que la même réforme prévoit actuellement l'éventualité d'un allongement du nombre requis de trimestres d'activité jusqu'à 168. Elle accorde néanmoins une exception aux travailleurs qui ont débuté dans une profession à l'âge de 17 ans au plus, et qui ont cotisé au moins pendant 4 trimestres avant leur majorité. Ceux-ci pourront en effet jouir d'une retraite à taux plein dès leur cinquante-sixième anniversaire. Deux autres cas, plus ou moins courants, sont également à considérer. Le premier concerne les salariés mis au chômage entre 60 et 65 ans avant le cumul du nombre de trimestres nécessaires à l'accès au taux plein, qui vont dépendre du régime chômage, soit jusqu'à l'atteinte dudit cumul, soit jusqu'à l'âge de 65 ans. L'autre cas touche un salarié qui part volontairement à la retraite sans avoir cotisé le nombre requis de trimestres. Toujours selon le code de la Sécurité sociale, comme le précise l'article R351-27, le concerné verra sa pension de retraite diminuée de 1,25 à 2,5 % par trimestre manquant. Enfin, on évoque un décret de 1952 propre aux fonctionnaires d'outre-mer, qui stipule la majoration de leurs pensions de retraite sur la base de celles des fonctionnaires de la métropole. Les taux de majoration sont ainsi de 35 % pour la Réunion, tout comme pour Mayotte, de 40 % pour Saint-Pierre-et-Miquelon, et de 75 % pour la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française.



