
Voyage en Asie
Les geishas « 芸者 » gardiennes de la tradition japonaise
Dans la culture japonaise, les geishas font figure d’excellence en matière d’art. Mais bien que cette tradition existe depuis le XVIIè siècle, la définition d’une geisha est assez confuse. En effet, beaucoup de personnes les associent a des prostituées. En réalité, les geishas sont des dames de compagnie, appréciées pour leur savoir-faire exceptionnel dans différentes disciplines, notamment pour les arts traditionnels japonais. Leurs activités sont diversifiées et ont principalement pour but de divertir leur clientèle. Pour cela, les geishas accumulent des aptitudes dans divers domaines dont la danse, la conversation, la musique, la décoration, la littérature, etc.
Les premiers geishas ont fait leur apparition au début du XVIIIè siècle et contrairement à ce qu’on peut penser, ceux-ci étaient des hommes. Ils divertissaient les clients dans les salons de thé, avec des chants et de la musique. Les femmes ne sont entrées dans le métier que quelques années plus tard et rapidement, elles sont devenues plus nombreuses et ont réussi à évincer leurs collègues masculins. Finalement, il n’y eut plus d’hommes geishas et le métier fut officialisé par le gouvernement japonais en 1779. Depuis, il existe une loi qui détermine la fonction d’une geisha la distinguant d’une prostituée et fixant également le tarif des prestations. Ces dernières sont alors considérées comme étant les gardiennes de la tradition japonaise. En effet, beaucoup d’entre elles ont résisté a l’attrait de la mode de vie occidentale, malgré la forte influence que cette culture a exercé sur le Japon, au cours du XXè siècle.
Les caractéristiques d’une geisha
La vie d’une geisha impose des apparats particuliers. En effet, la profession exige un style assez strict concernant l’habillement, le maquillage et la coiffure qui doivent être en accord avec la tradition. Les geishas s’habillent en kimono de soie, appelé obebe dont la couleur varie suivant l’âge de celle qui le porte : vive pour les jeunes et plus discrète pour celles âgées de plus de trente ans. Le port du kimono se fait d’une manière singulière. Décolleté dans le dos, il se noue à l’aide d’une ceinture en soie appelée obi, dont le nœud détermine le statut de la geisha. Une apprentie porte son obi en traîne, le bout atteignant presque le sol, tandis qu’une geisha confirmée le porte en nœud de tambour. Par ailleurs, concernant les sous-vêtements, elles portent ce qu’on appelle le koshimaki, une bande de tissu qu’elles enroulent autour des hanches et par-dessus lequel, elles mettent une combinaison, dont la couleur doit être en harmonie avec le kimono. Enfin, elles mettent des chaussettes tabi aux pieds et portent des sandales en bois. Comme maquillage, les geishas utilisent toujours des fards blancs. Elles ajoutent ensuite du rouge ou du rose sur les lèvres, les yeux et les joues, un peu de noir sur le contour des yeux et les sourcils. Pour les cheveux, elles se coiffent en chignon traditionnel.
Comment devenir une geisha ?
Il y a quelques temps, être geisha était une profession en voie de disparition. Mais, avec la multiplication des communications touchant le sujet, le métier de geisha est devenu un choix de carrière, attirant de plus en plus de jeunes japonaises. Ainsi, avant de devenir une vraie geisha, la prétendante doit avant tout passer le stade d’apprentie ou de maiko. Pour cela, elle doit se trouver une geisha, plus âgée, qu’elle prendra pour une grande sœur qui a le devoir de lui enseigner et de lui montrer le métier. En contrepartie, la grande sœur touche une part de ses gains. Les deux sœurs se lient l’une à l’autre au cours d’une cérémonie appelée : san san ku do. Durant la période de formation ou minarai, la maiko partage les expériences de sa grande sœur et apprend des arts différents. Il s’agit entre autres du shamisen qui est l’instrument des geishas, de la flûte japonaise, de divers tambours, de la danse traditionnelle, de la cérémonie du thé, de l’ikebana ou de la composition florale, de la littérature et de la poésie. Pendant l’apprentissage, la maiko accompagne et observe sa grande sœur dans les soirées puis au terme de sa formation, elle change de col au cours de la cérémonie nommée erikae au cours de laquelle elle abandonne la couleur rouge des apprenties pour arborer le col blanc des confirmées.
