
Voyage en Asie
L’influence des yakuzas dans la société japonaise
L’empire des Yakusas touche de nombreux domaines illégaux. Une grande partie de leurs richesses est générée par l’industrie des jeux de hasard, notamment les salles de Pachinko, et des paris en général (Match de sumo, courses automobiles, courses équestres). L’industrie du sexe est également très lucrative entre la prostitution de milliers de femmes venant des quatre coins de la planète et le développement de la pornographie. En parallèle, les yakuza organisent des immigrations clandestines pour fournir de la main d’œuvre. Depuis le boom du trafic de drogue et des armes, les yakusas ont permis de développer ce trafic en Asie du Sud-est mais le marché noir en général est sous leur contrôle. Enfin, l'une des pratiques courantes des familles yakusas est l’extorsion d’argent aux entreprises nippones installées dans leur territoire. Ce racket peut prendre plusieurs aspects plus ou moins déguisés : allant du chantage pur et simple aux propositions de services de « protection » pour assurer la sécurité de l’entreprise.
L’organisation séculaire des Yakuza a réussi à développer leur influence directe dans tout le Japon tant au niveau socio-économique qu’au niveau de la sphère politique. Mais leur portée est encore plus large et touche une grande majorité des pays du Pacifique. Leur présence est également notée aux Etats-Unis ainsi que dans certains pays d’Europe. Cette influence témoigne de la solidité de leur réseau et de leur force qui s’inscrivent autour d’un code strict.
L’origine difficilement établie des Yakuza
L’origine exacte des Yakuza reste floue et de nombreuses hypothèses sont établies sans avoir de réelles confirmations. Comme les Yakusa sont issus des couches sociales les plus marginalisées, on assimile souvent le terme Yakusa en référence à la main perdante du jeu de dé appelé « Oicho-Kabu ». Effectivement, Yakusa peut être décomposé en trois mots : Ya (8), Ku (9) et Sa (3).
Au début,les yakuzas regroupaient les personnes des plus basses couches sociales et se composaient des personnes marginalisées et rejetées par la société (bourreaux, paysans sans terre, voyou, anciens prisonniers, …). Les yakusas constituent ainsi une communauté d’accueil pour tous ceux qui subissent une discrimination sévère où ils trouvent une raison de vivre.
Certains pensent que le côté illégal des activités des Yakusas laisse à penser qu’ils sont les dignes descendants des Kabuki-mono du XVIIè siècle qualifiés de « fous », les Kabuki-mono étaient des bandits de grands chemins, sans foi et ni loi, qui allaient de ville en ville pour semer le chaos. D’autres soutiennent plutôt que les yakusas ont pour ancêtres les Machi-Yokko, une organisation qui visait justement à contrecarrer les plans des bandits et à défendre la population. Quant à l’habileté des yakusas à manier l’épée et les armes blanches en général, elle est obtenue grâce à la présence de nombreux ex-samouraï dans les rangs des yakusas.
L’expansion du pouvoir des Yakuzas
Le pouvoir des yakuzas va petit à petit prendre de l’ampleur en particulier à cause des relations souvent étroites que les Yakuza entretiennent avec le gouvernement nippon et les forces de l’ordre. Les Yakuzas ont longtemps été acceptés car leur valeur nationaliste, leur esprit conservateur et leur rejet de l’impérialisme occidental ont longtemps permis de servir les intérêts nationaux en terme de politiques étrangères.
Si il y a encore une cinquantaine d’années, le nombre de yakusas atteignait les 180 000 membres, leur nombre a fortement diminué depuis la lutte contre le crime et la loi antigang de 1992 engagée par le gouvernement japonais. Néanmoins, malgré le fait que les yakusas ne sont pas des organisations secrètes, près de la moitié agissent encore ainsi aujourd’hui. Quatre grandes familles de yakuza se distinguent particulièrement : il s’agit des branches Yamaguchi-Gumi avec 21 000 membres, Sumiyoshi Rengo avec 8 000 membres, Inagawa-kai avec 5 000 membres et le Tao Yuai Jigyo Kuminai qui compte un millier de membres dans ses rangs.
La hiérarchie yakuza
Le respect de la hiérarchie est un pilier des différentes organisations yakuzas. Les branches yakuzas, plus ou moins puissantes, s’établissent sur toute une organisation en pyramide scrupuleusement suivie. Chaque famille peut adopter des règles spécifiques et un fonctionnement plus ou moins différent mais dans tous les cas, un seul patriarche demeure à la tête de la famille pour la guider : c’est l’Oyabun (le père) ou encore le Kumicho (chef de clan). Son autorité étant incontestée et incontestable, seul l’Oyabun détient le pouvoir suprême. Sa succession est tout aussi solide : seul le fils de l’Oyabun devient Oyabun à son tour. Dans des cas assez rares, la direction d’une famille est confiée à une personne de confiance clairement désignée par l’Oyabun comme étant son successeur. Par ailleurs, la femme de l’Oyabun appelée nee-san ou kami-san est la seule femme qui peut jouer un rôle majeur dans les organisations yakusa.
Les lignes hiérarchiques des yakuza se définissent ensuite comme suit : le Waka Gashira est le numéro 2 de l’organisation et en parallèle, le Shatei Gashira co-exécute les ordres de l’Oyabun en ayant tout de même moins d’influence que son grand frère Waka-Gashira. Le Saiko-Komon fait également partie de ces cadres supérieurs. Son statut le définit comme le principal conseiller de l’Oyabun et s’occupe plus particulièrement du côté administratif de l’organisation. On lui doit le plus grand respect même s’il n’a aucun pouvoir sur les yakuza d’exécution.
Puis, viennent les cadres moyens qui sont les yakusas du rang de Kyodai (grands frères). Les yakusas de rang mineur se classent dans la catégorie des Shatei (petits frères) tandis que les sakazuki (nouvelles recrues) clôturent cette hiérarchie. A noter que les Kumi-in exécutent des ordres venant des yakuza sans en être membre et ils sont en quelque sorte des postulants pour entrer dans l’organisation. Ce sont des groupes intermédiaires entre les yakusas et les katagi (civils).
La philosophie du devoir et la culture Yakuza
Tous les yakusas sous les ordres de l’Oyabun sont les Kobun qui jurent une obéissance aveugle à leur père et une totale fidélité à la famille. Le Yakuza ne vit que pour servir les intérêts du clan et la vision de l’Oyabun tout en cherchant à gravir les échelons de la hiérarchie interne pour accumuler toujours plus d’honneur et éviter tout déshonneur. Le Yakuza doit ainsi trouver du travail et reverser une partie de ses bénéfices comme cotisations ou encore travailler activement dans l’organisation en effectuant des missions de plus en plus dangereuses.
L’honneur dicte le mérite d’un yakuza à rester dans le clan. Ainsi, en cas de faute au code ou de déshonneur pour une mission ratée, le yakuza doit se couper un doigt, en partant du petit doigt. Un Yakuza peut également être exclu, temporairement ou définitivement de la famille. Pour un grand déshonneur, le yakuza est prêt à offrir sa vie en se faisant hara-kiri pour laver l’offense, un yakuza ne peut vivre dans la honte.
Les rituels Yakuzas servent essentiellement à consolider les liens établis entre les membres mais aussi pour prouver leur attachement à sa famille. A noter qu’il n’est pas nécessaire d’être japonais pour devenir Yakuza, seul les compétences et la dévotion de la personne sont prises en compte. L’héritage des anciens samouraïs se traduit par l’adoption d’un code d’éthique, le Ninkyodo aussi appelé « Code chevaleresque » qui comprend 9 commandements à rappeler au Yakuza lors de son adhésion au clan. L’entrée d’un nouveau membre est symbolisée par une cérémonie où l’Oyabun et le nouveau Kobun échangent leur coupe pour boire le saké.
Enfin, l'un des signes les plus marquants des yakusas est la culture du tatouage. Chaque famille possède ses propres symboles pour s’identifier. Le tatouage est également une forme de fidélité à la famille car celui-ci est indélébile et se porte pour toute la vie.
A noter qu’une famille peut se départager en une centaine, voire plusieurs centaines, de gangs affiliés. Ceci est possible lorsqu’un Kobun a assez de pouvoir pour créer son propre gang et se libérer du noyau familial sans se détacher complètement. Le nouveau gang reste totalement lié à la maison de l’Oyabun et reste sous ses ordres lorsqu’il le faut. La création d’un gang par le kobun permet d’agrandir la famille et son influence.
