Le Père Noël : le Saint-patron des enfants

Publié le dimanche 14 juillet 2013 à 13:48

Imaginé par la plupart des gens comme un simple personnage inventé de toute pièce par la firme Coca-Cola, il y a de cela 77 ans, le Père Noël possède pourtant bien des racines beaucoup plus anciennes qui ramènent son histoire aux environs du IIIe et du IVe siècles après JC, dans les contrées de l’Asie Mineure, l’actuelle Turquie.

C'est là-bas que naît un certain Nicolas de Myre en l'an 270, un jeune homme qui allait marquer l'histoire de la toute jeune Eglise catholique de l'époque, en devenant très vite évêque, puis à la fin de sa vie, un martyr qui aurait sauvé trois enfants d'une mort certaine en échange de sa propre vie. De ce personnage historique allait bientôt, au fil des siècles, se greffer des légendes et des mythes qui firent de l'évêque Saint-Nicolas, le Père Noël bienveillant, idole des enfants.

L'édification du mythe Père Noël tel qu'on se le représente à notre époque aura donc pris en tout près de 17 siècles, soit environ 1700 ans. Il faut bien comprendre que la transition n'a pas été immédiate entre le personnage historique de l'évêque Saint-Nicolas et la représentation populaire d'un Père Noël bien en chair, vêtu d'une tunique rouge, et nanti d'une barbe blanche tombant jusqu'au ventre, trimbalant tout sourire sa grosse hotte à jouets. En effet, avant que l'on en soit arrivé à cette représentation universelle, l'image du gentil Père Noël a traversé bien des étapes.

La version originale du Père Noël

Au tout début, après la mort de Saint-Nicolas, les chrétiens de l'époque prirent l'habitude de célébrer sa fête la nuit du 5 au 6 décembre, date anniversaire de sa mise à mort par les romains. Durant le réveillon de cette célébration, la coutume voulait qu'un personnage accoutré d'une longue barbe et d'une grande canne d'évêque, selon l'image populaire que l'on avait à l'époque du vrai Saint-Nicolas, aille visiter chaque chaumière pour venir récompenser les enfants sages et perpétuer ainsi l'esprit de l'évêque Saint-protecteur des enfants.

Cependant, à cette version chrétienne du Père Noël, il faut signaler que cette soi-disant tradition chrétienne qui consiste à offrir des cadeaux aux enfants sages dérive elle-même d'une tradition païenne qui avait lieu en Europe entre le IVe et le XIIe siècle. Cette coutume païenne instituait en réalité des rituels similaires qui constituaient à faire la tournée des chaumières à l'arrivée de l'hiver pour réclamer des offrandes aux foyers, afin d'exorciser les démons de l'obscurité. A l'époque, un vieux personnage, dénommé « Noël » menait ce cortège de dévots pendant ces nuits d'hiver. Christianisé par les chrétiens, ce rituel païen devint la célébration de Saint-Nicolas mais affublé des mêmes rituels d'offrandes.

Racines du look « Père Noël »

Le look débonnaire et vivant du Père Noël tel qu'on le connaît actuellement a longtemps fait l'objet d'une vive controverse. En effet, bien qu'aujourd'hui plus personne ne conteste le fait que ce personnage de « Père Noël » ait été créé voilà maintenant plus de 17 siècles, il n'en a pas été de même pour sa représentation visuelle que la firme Coca-Cola a toujours prétendu avoir inventé de toute pièce le premier, à l'occasion de la promotion de ses produits dans les années 1930. A cette allégation, les spécialistes de la question ont apporté une réponse : ainsi, selon eux, cette assertion est totalement fausse et ne constitue en réalité qu'une légende urbaine.

En effet, d'après leurs recherches, les premières représentations visuelles authentiques qui représentèrent le Père Noël (comme un personnage enclin à l'embonpoint vêtu d'une fourrure blanche, soutenue par une grosse ceinture de cuir et une énorme hotte sur le dos), furent l'œuvre de Thomas Nast, un célèbre caricaturiste d'un journal new-yorkais, le « Harper's Illustrated Weekly », en 1860. Durant près d'une trentaine d'années, Nast n'aura de cesse d'étoffer l'accoutrement du Père Noël et de tisser peu à peu la mythologie et les légendes qui gravitent autour du personnage. Ainsi, c'est ce célèbre caricaturiste qui établit la demeure du Père Noël au Pôle Nord. C'est encore à lui que l'on doit la légende selon laquelle le Père Noël se ferait tirer par un troupeau de rennes les soirs de réveillon du 24 décembre pour distribuer aux enfants sages leurs jolis cadeaux.

Puis, vers 1886, George Webster, un écrivain américain, reprend les idées de Nast et peaufinera encore davantage le personnage en décidant qu'à l'instar de sa demeure, l'usine à jouets du Père Noël était située elle aussi au Pôle Nord. S'il est donc vrai que Coca-Cola ajouta son grain de sel à l'édification de la représentation visuelle du Père Noël dans l'imaginaire collectif lorsqu'elle décida d'affubler le personnage d'une tunique rouge vif à la place de la fourrure blanche originelle, il est totalement faux de croire que c'est à cette firme seule que l'on doit toute la mythologie entourant ce personnage jovial.

Les différentes mœurs du Père Noël selon les régions du monde

Devenu une icône universelle, le Père Noël n'en garde pas moins certaines spécificités liées à chaque région du monde où il effectue ses interventions chaque 25 décembre. En effet, si tout le monde a la plupart du temps gardé en esprit l'image du bonhomme tout de rouge vêtu, tiré sur un traîneau par un troupeau de rennes, et venant distribuer des cadeaux le soir du 24 au 25 décembre, il faut noter tout de même que le personnage semble opérer différemment dans l'acheminement des présents le réveillon de Noël selon les régions du monde où il passe.

Ainsi, si en France, le gros bonhomme rouge entre par la cheminée pour glisser subrepticement les présents dans les jolis petits souliers placés sous le sapin, il semblerait qu'au Royaume-Uni et dans les pays anglo-saxons en général, le Père Noël change ses habitudes et place les cadeaux dans les chaussettes au lieu des chaussures. Au Québec par contre, il semblerait que le Père Noël use à la fois des deux effets vestimentaires pour cacher les présents des petits et des grands. Il paraîtrait aussi que Santa Claus (Père Noël en américain) changerait de véhicule de temps à autre dans l'hémisphère sud puisqu'en Australie, il troque parfois son traîneau et ses rennes pour arriver sur une planche de surf le soir de Noël …

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